Lorsqu’on exerce en tant que kinésithérapeute libéral, une interruption d’activité pour raison médicale peut rapidement devenir une source d’inquiétude.
Contrairement aux salariés, les professionnels de santé indépendants ne bénéficient pas automatiquement d’un maintien de salaire en cas d’arrêt maladie.
La question de la prise en charge des revenus en cas de maladie est donc centrale pour les kinésithérapeutes. La CARPIMKO, caisse de retraite et de prévoyance des professions paramédicales libérales, joue un rôle clé dans ce dispositif.
Cependant, son fonctionnement reste souvent mal compris et peut réserver certaines surprises.
Cet article a pour objectif d’expliquer comment fonctionne réellement la prise en charge des revenus par la CARPIMKO lorsqu’un kinésithérapeute est en arrêt maladie, ses limites, et l’intérêt d’anticiper.
Qu’est-ce que la CARPIMKO ?
La CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-Podologues, Orthophonistes et Orthoptistes) est l’organisme obligatoire de retraite et de prévoyance des kinésithérapeutes exerçant en libéral.
Tout kinésithérapeute libéral est automatiquement affilié à la CARPIMKO dès le début de son activité.
La CARPIMKO intervient notamment pour :
- la retraite,
- l’invalidité,
- le décès,
- et, sous conditions, l’incapacité temporaire de travail.
La CARPIMKO prend-elle en charge les arrêts maladie des kinésithérapeutes ?
Oui, mais de manière partielle et sous conditions.
En cas de maladie ou d’accident entraînant un arrêt de travail, la CARPIMKO peut verser des indemnités journalières, mais :
- après un délai de carence important,
- pour un montant limité,
- et sous réserve de remplir plusieurs conditions.
C’est précisément sur ces points que de nombreux kinésithérapeutes découvrent les limites du dispositif.
Quelles sont les conditions pour bénéficier des indemnités journalières CARPIMKO ?
Pour percevoir une indemnisation de la CARPIMKO, le kinésithérapeute doit :
1. Être affilié à la CARPIMKO depuis au moins un an
Les indemnités ne sont pas ouvertes immédiatement après l’installation. Une durée minimale d’affiliation est exigée.
2. Être à jour de ses cotisations
Un retard ou un défaut de paiement des cotisations peut entraîner une suspension des droits.
3. Disposer d’un arrêt de travail médicalement justifié
L’arrêt doit être prescrit par un médecin et transmis dans les délais requis.
Quel est le délai de carence appliqué par la CARPIMKO ?
C’est l’un des points les plus sensibles.
La CARPIMKO applique un délai de carence de 90 jours en cas d’arrêt maladie.
Concrètement :
- pendant les 90 premiers jours, la CARPIMKO ne verse aucune indemnité,
- le kinésithérapeute doit donc faire face seul à la perte de revenus.
Ce délai peut être réduit à 30 jours dans certains cas spécifiques (affections graves ou hospitalisations), mais cela reste encadré.
La CPAM intervient-elle avant la CARPIMKO ?
Oui, mais de manière limitée.
Durant les 90 premiers jours d’arrêt, la CPAM peut verser des indemnités journalières sous certaines conditions, généralement à partir du 4ᵉ jour d’arrêt.
Le montant est calculé sur la base des revenus antérieurs et reste souvent insuffisant pour maintenir le niveau de vie, surtout pour un kinésithérapeute ayant des charges professionnelles importantes (loyer du cabinet, matériel, assurances, etc.).
Quel est le montant des indemnités journalières versées par la CARPIMKO ?
Le montant dépend :
- des cotisations versées,
- des revenus professionnels déclarés,
- des plafonds fixés par la caisse.
En pratique, les indemnités représentent en moyenne environ 50 à 55 % du revenu annuel moyen, dans la limite d’un plafond.
Cela signifie que la prise en charge est partielle et ne compense pas intégralement la perte de revenus.
Pendant combien de temps la CARPIMKO verse-t-elle les indemnités ?
Les indemnités journalières peuvent être versées :
- pendant toute la durée de l’incapacité temporaire de travail,
- dans la limite maximale de trois ans,
- sous réserve que l’arrêt soit médicalement justifié et régulièrement renouvelé.
Quelles sont les limites de la prise en charge CARPIMKO ?
Malgré son rôle essentiel, la CARPIMKO présente plusieurs limites pour les kinésithérapeutes :
- délai de carence long,
- indemnités souvent insuffisantes pour couvrir les charges,
- absence de maintien de revenu dès le premier jour,
- protection standardisée, non personnalisée.
Ces limites expliquent pourquoi de nombreux professionnels se retrouvent en difficulté financière lors d’un arrêt prolongé.
Pourquoi envisager une prévoyance complémentaire ?
Pour pallier les insuffisances de la CARPIMKO, beaucoup de kinésithérapeutes souscrivent une assurance prévoyance complémentaire.
Ce type de contrat permet notamment :
- une indemnisation dès les premiers jours d’arrêt,
- un montant adapté au niveau de revenu réel,
- une meilleure visibilité financière en cas de maladie ou d’accident.
Les garanties varient fortement d’un contrat à l’autre. Une analyse personnalisée est indispensable.
Questions fréquentes des kinésithérapeutes
La CARPIMKO suffit-elle pour protéger mes revenus ?
Dans la majorité des cas, non. Elle constitue une base, mais rarement suffisante seule.
Suis-je indemnisé dès le premier jour d’arrêt ?
Non. Il existe un délai de carence important avant toute prise en charge par la CARPIMKO.
Les charges professionnelles sont-elles prises en compte ?
Non. Les indemnités ne couvrent pas directement les charges fixes du cabinet.
Conclusion
La prise en charge des revenus par la CARPIMKO en cas de maladie est un dispositif indispensable pour les kinésithérapeutes libéraux, mais il présente des limites importantes. Le délai de carence, le niveau d’indemnisation et l’absence de couverture immédiate peuvent fragiliser rapidement la situation financière du praticien.
Anticiper ces situations, comprendre précisément ses droits et envisager des solutions complémentaires permet d’exercer plus sereinement et de sécuriser son activité sur le long terme.











