Introduction : « Mon PER est-il encore intéressant ? »
Dans les couloirs feutrés des cabinets libéraux, une question revient avec insistance depuis le début d’année : « Mon PER est-il encore intéressant ? » La Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026 a redistribué les cartes d’un dispositif que beaucoup croyaient acquis. Décryptage d’une réforme qui ne tue pas le Plan d’Épargne Retraite, mais qui transforme profondément sa philosophie d’usage.
Une réforme discrète aux effets bien réels
Quand Marie, avocate associée de 52 ans, a ouvert son relevé annuel en janvier dernier, elle ne s’attendait pas à découvrir que les règles du jeu avaient changé. « J’avais pris l’habitude de verser régulièrement sur mon contrat retraite. C’était devenu un automatisme. Et là, mon conseiller m’annonce que si je continue comme ça, je vais payer 700 euros de prélèvements sociaux en plus à la sortie. Sur le moment, je n’ai pas vraiment compris. »
Marie n’est pas un cas isolé. Depuis sa création par la loi Pacte en 2019, le Plan d’Épargne Retraite individuel (PERI) s’était imposé comme une évidence pour des milliers de professionnels libéraux et d’indépendants. Déduction fiscale immédiate, souplesse à la sortie, cadre juridique stable : le dispositif cochait toutes les cases de l’épargne retraite moderne.
Mais la LFSS 2026, votée fin 2025 et entrée en vigueur au 1er janvier, vient rebattre les cartes. Sans remettre en cause l’existence du PER ni son intérêt fondamental, cette réforme modifie trois paramètres essentiels qui obligent à repenser complètement la stratégie. Pour les professions libérales notamment, la question n’est plus de savoir si le PER reste pertinent, mais comment l’utiliser intelligemment dans ce nouveau contexte.
Retour aux fondamentaux : qu’est-ce qu’un PER individuel ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, un rappel s’impose. Le Plan d’Epargne Retraite individuel est un produit d’épargne conçu pour préparer des revenus complémentaires à la retraite tout en bénéficiant d’avantages fiscaux pendant la vie active.
Le principe est simple sur le papier : vous versez de l’argent sur votre PER pendant que vous travaillez, vous déduisez ces versements de votre revenu imposable (dans certaines limites), et vous récupérez cette épargne une fois à la retraite, soit sous forme de capital, soit sous forme de rente viagère, soit en mixant les deux options.
Ce dispositif s’adresse particulièrement aux professions libérales, aux travailleurs non-salariés et aux indépendants confrontés à une forte pression fiscale. Pour un médecin, un architecte ou un consultant indépendant avec des revenus confortables, le PER représentait jusqu’ici l’un des rares leviers pour alléger significativement la facture fiscale annuelle.
Pendant la phase d’épargne, l’argent reste bloqué jusqu’à l’âge de la retraite, sauf cas exceptionnels comme l’achat de la résidence principale, l’invalidité ou le surendettement. À la liquidation, plusieurs choix s’offrent à l’épargnant : récupérer tout en capital pour financer un projet, opter pour une rente régulière jusqu’à la fin de sa vie, ou panacher les deux formules.
Chaque option obéit à des règles fiscales différentes. Et c’est précisément là que la réforme de 2026 intervient, en modifiant l’équilibre économique de certaines de ces options.

Premier changement : la hausse des prélèvements sociaux sur les sorties en capital
Depuis le 1er janvier 2026, une modification apparemment technique a fait grincer des dents : les prélèvements sociaux applicables aux sorties en capital issues du PER sont passés de 17,2 % à 18,6 %.
Ce qui change concrètement
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Cette hausse de 1,4 point concerne la part de votre épargne correspondant aux produits et gains générés par vos versements volontaires déduits à l’entrée. En revanche, les rentes issues de versements obligatoires restent, elles, soumises à un taux de 10,1 %.
Exemple chiffré : l’impact réel sur une sortie
Prenons un exemple parlant. Imaginons Pierre, kinésithérapeute libéral qui part à la retraite cette année après avoir accumulé 50 000 euros de gains sur son Plan d’Epargne Retraite. S’il avait liquidé son plan l’année dernière, il aurait payé 8 600 euros de prélèvements sociaux (17,2 % de 50 000). Aujourd’hui, la facture grimpe à 9 300 euros. Soit 700 euros de différence.
« Sur le papier, 700 euros, ça peut sembler anecdotique, reconnaît Thomas, conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les professions libérales. Mais quand vous projetez ça sur des portefeuilles à 200 000 ou 300 000 euros, les écarts deviennent très significatifs. Sans compter que beaucoup de mes clients découvrent cette hausse au moment de la sortie, alors qu’il est trop tard pour ajuster la stratégie. »
L’intention derrière la mesure
Cette mesure n’est pas anodine. Elle traduit une volonté politique claire : réduire l’attrait des sorties 100 % en capital et encourager les rentes viagères, jugées plus prévisibles pour l’équilibre des finances publiques. Le message est limpide : si vous voulez profiter pleinement du PER, pensez rente plutôt que capital.
Deuxième changement : fini la déduction après 70 ans
Le deuxième coup de semonce concerne les versements tardifs. Jusqu’en 2025, il était possible de verser sur un PER à tout âge, et surtout, de déduire fiscalement ces versements même après 70 ans. Cette possibilité était largement utilisée par des professionnels libéraux ayant découvert tardivement l’intérêt du dispositif, ou par des dirigeants cherchant à optimiser une dernière fois leur fiscalité avant de lever le pied.
Ce qui change depuis le 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les règles ont changé. Vous pouvez toujours alimenter votre PER après 70 ans, mais ces versements ne sont plus déductibles fiscalement. Autrement dit, le Plan d’Epargne Retraite se transforme alors en simple produit d’épargne, sans l’avantage fiscal qui faisait tout son sel.
Exemple terrain : l’effet “deadline” avant 70 ans
Éric, médecin généraliste de 68 ans, a bien compris le message. « Mon expert-comptable m’a appelé en urgence en décembre pour me dire que j’avais encore deux ans pour maximiser mes versements avec déduction. Passé 70 ans, ce sera trop tard. Du coup, j’ai réorganisé complètement ma stratégie de fin de carrière. »
Pour un avocat de 72 ans qui découvre aujourd’hui le P.E.R., la donne est radicalement différente. Il peut certes ouvrir un plan et y verser de l’argent, mais sans bénéficier de la moindre réduction d’impôt. Dans ce cas, autant privilégier l’assurance-vie, plus souple et plus avantageuse en termes de transmission.
La conséquence majeure : le timing devient stratégique
Le timing devient donc un facteur clé. Plus question d’improviser ou de reporter indéfiniment la décision d’ouvrir un Plan d’Epargne Retraite. Désormais, c’est avant 70 ans qu’il faut agir, sous peine de perdre définitivement le principal avantage du dispositif.
Troisième changement : le report des plafonds étendu à cinq ans
Heureusement, la réforme ne contient pas que des mauvaises nouvelles. Le troisième changement majeur apporté par la LFSS 2026 est une vraie bouffée d’oxygène pour les indépendants : l’extension du report des plafonds de déductibilité de trois à cinq ans.
Comment fonctionne le plafond de déduction
Petit rappel du mécanisme. Chaque année, un plafond limite les montants que vous pouvez déduire fiscalement via votre PER. Ce plafond est calculé en fonction de vos revenus professionnels. Si vous ne l’utilisez pas intégralement une année donnée, vous pouvez reporter la partie non utilisée sur les années suivantes.
Jusqu’en 2025, ce report était limité à trois ans. Depuis 2026, il passe à cinq ans. Pour les professions libérales, c’est une excellente nouvelle.
Exemple concret : rattraper 5 ans et optimiser fortement
Sophie, architecte indépendante, en a fait l’expérience. « Les trois premières années de mon activité, j’ai galéré financièrement. Impossible de mettre de l’argent de côté. Puis j’ai décroché deux gros contrats d’un coup, et mon revenu imposable a explosé. Avec l’ancien système, j’aurais perdu une partie de mes plafonds. Là, je peux rattraper mes cinq années et faire un versement exceptionnel qui va me faire économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros d’impôts. »
Pourquoi cette mesure colle à la réalité des indépendants
Cette flexibilité accrue est parfaitement adaptée aux réalités des indépendants : revenus irréguliers, années fastes suivies d’années plus difficiles, périodes de transition professionnelle. Elle permet une optimisation fiscale beaucoup plus fine et personnalisée.
Imaginez un consultant qui n’a pas alimenté son PER pendant cinq ans parce qu’il investissait tout dans le développement de son activité. L’année où il revend des parts de sa société, il peut désormais rattraper l’intégralité de ses plafonds non utilisés et effectuer un versement massif sur son PER. L’économie d’impôt peut se chiffrer en dizaines de milliers d’euros, de quoi amortir largement la hausse des prélèvements sociaux à la sortie.
Quel impact global sur la stratégie retraite ?
Au final, que retenir de cette réforme ? Trois enseignements principaux se dégagent.
Ce qui devient moins pertinent
D’abord, certaines pratiques deviennent clairement moins pertinentes. Les sorties 100 % en capital non anticipées vont coûter plus cher. Les versements tardifs après 70 ans perdent tout intérêt fiscal. Et l’utilisation du PER comme simple outil de défiscalisation ponctuelle, sans réflexion de fond sur la sortie, devient risquée.
Ce qui reste très puissant
Ensuite, le PER conserve des atouts majeurs, à condition de l’utiliser intelligemment. La déduction fiscale en phase d’activité reste extrêmement puissante pour les hauts revenus. La préparation d’une rente complémentaire, encouragée par la réforme, prend tout son sens dans un contexte de longévité croissante. Et la vision long terme, articulant versements réguliers et report de plafonds, permet d’optimiser à la fois la fiscalité et le rendement.
Le vrai changement : il faut professionnaliser l’approche
Enfin, la réforme impose une professionnalisation de l’approche. Fini le temps où l’on pouvait ouvrir un PER « parce que tout le monde en a un » et verser au feeling sans se poser de questions. Aujourd’hui, il faut anticiper son âge de départ, choisir son mode de sortie dès la souscription, calibrer ses versements en fonction de ses plafonds disponibles, et ajuster sa stratégie au fil de l’évolution de sa carrière.
PER ou assurance-vie : la bonne question n’est plus de choisir
Un débat revient régulièrement dans les conversations entre indépendants : faut-il privilégier le PER ou l’assurance-vie ? La réforme de 2026 apporte une réponse claire : cette question est mal posée.
Deux outils, deux objectifs, une stratégie globale
Le PER et l’assurance-vie ne sont pas concurrents, ils sont complémentaires. Le PER reste l’outil roi pour la déduction fiscale pendant la vie active. C’est le seul produit qui permet de réduire significativement son revenu imposable tout en se constituant un patrimoine retraite. Pour un professionnel libéral dans une tranche marginale d’imposition élevée, c’est un levier incontournable.
L’assurance-vie, de son côté, conserve ses avantages propres : liquidité totale (vous pouvez retirer votre argent à tout moment sans attendre la retraite), fiscalité attractive après huit ans de détention, et transmission optimisée vers les bénéficiaires en cas de décès.
La conclusion pratique : PER + assurance-vie
La bonne stratégie n’est donc plus « PER ou assurance-vie », mais « PER + assurance-vie », avec un pilotage précis de chaque enveloppe en fonction de vos objectifs. Le PER pour la défiscalisation et la rente de long terme. L’assurance-vie pour la flexibilité et la transmission. Et entre les deux, un équilibre à trouver selon votre situation personnelle, votre âge, vos revenus et vos projets.
Ce que vous devez faire dès maintenant
Concrètement, si vous êtes indépendant ou professionnel libéral, voici les actions à mener sans attendre.
Étape 1 : analyser votre âge et votre horizon retraite
Première étape : analysez votre âge et votre horizon retraite. Si vous avez moins de 70 ans, vous êtes encore dans la fenêtre de tir pour profiter pleinement des déductions fiscales. Si vous approchez de cette limite, il y a urgence à agir. Si vous l’avez dépassée, concentrez-vous sur d’autres véhicules d’épargne.
Étape 2 : vérifier vos plafonds de déduction disponibles
Deuxième étape : vérifiez vos plafonds de déduction disponibles. Avec le nouveau report à cinq ans, vous avez peut-être accumulé des droits que vous ignoriez. Votre expert-comptable ou votre conseiller en gestion de patrimoine peut vous aider à faire le calcul précis.
Étape 3 : anticiper votre mode de sortie
Troisième étape : anticipez votre mode de sortie. Capitale, rente ou mixte ? Cette décision n’est pas à prendre à la légère, car elle conditionne toute votre stratégie de versement et la fiscalité finale. N’attendez pas d’avoir 64 ans pour y réfléchir.
Étape 4 : éviter les décisions tardives après 70 ans
Quatrième étape : évitez les décisions tardives et précipitées après 70 ans. Si vous avez reporté l’ouverture de votre PER « à plus tard », ce plus tard est arrivé. Chaque année qui passe sans action vous fait perdre des opportunités de déduction définitivement.
Étape 5 : vous faire accompagner
Cinquième étape, et non des moindres : faites-vous accompagner. La réforme a rendu le PER plus technique. Les stratégies « one size fits all » ne fonctionnent plus. Un accompagnement personnalisé par un professionnel compétent n’est plus un luxe, c’est une nécessité.
Comment les professionnels libéraux réagissent sur le terrain
Depuis l’entrée en vigueur de la réforme, les réactions des principaux concernés sont contrastées. Si certains crient à la trahison, d’autres y voient une opportunité de mieux structurer leur épargne retraite.
« Au début, j’étais furieux, confie Laurent, dentiste libéral de 55 ans. J’avais l’impression qu’on changeait les règles en cours de route. J’avais construit toute ma stratégie sur une sortie en capital pour financer un projet immobilier à la retraite. Mais en creusant un peu, je me suis rendu compte que je pouvais jouer sur les deux tableaux : une partie en rente pour sécuriser un revenu régulier, et le reste en capital pour mon projet. Au final, la réforme m’a obligé à réfléchir à ce que je voulais vraiment. »
Du côté des jeunes professionnels, l’approche est différente. Camille, avocate de 35 ans, vient d’ouvrir son PER cette année. « Pour moi, ces changements ne sont pas un frein. Au contraire, le fait de pouvoir reporter mes plafonds sur cinq ans, c’est parfait. Les premières années d’installation, je ne gagne pas des masses. Mais dans cinq ou dix ans, quand le cabinet tournera bien, je pourrai rattraper et optimiser sérieusement. »
Les experts-comptables font état d’un regain d’intérêt pour le sujet. « Paradoxalement, cette réforme a créé un électrochoc positif, observe Mathilde, expert-comptable spécialisée dans les professions de santé. Mes clients qui avaient un PER dormant depuis trois ans sans y toucher m’appellent pour faire le point. Ceux qui n’en avaient pas se posent enfin la question. Le débat est lancé, et c’est une bonne chose. »
Certains professionnels ont même accéléré leurs versements en fin d’année 2025, une fois les contours de la réforme connus. « J’ai fait un versement exceptionnel en décembre pour profiter une dernière fois de l’ancien régime, raconte Isabelle, pharmacienne de 68 ans. Mon conseil m’a dit que c’était peut-être ma dernière fenêtre de tir avant 70 ans. J’ai donc puisé dans ma trésorerie pour maximiser la déduction. »
Les pièges à éviter absolument
Avec ces nouvelles règles, de nouveaux risques apparaissent. Certaines erreurs peuvent coûter cher, surtout si elles sont découvertes trop tard.
Piège n°1 : attendre 69 ans pour ouvrir son PER
Beaucoup de professionnels libéraux repoussent la décision jusqu’à la dernière minute, pensant qu’il sera toujours temps d’agir. Mais avec la fin de la déductibilité après 70 ans, procrastiner peut vous faire perdre des années d’optimisation fiscale. Si vous avez 65 ans et que vous n’avez pas encore de PER, c’est maintenant qu’il faut agir, pas dans cinq ans.
Piège n°2 : miser exclusivement sur une sortie en capital sans simulation
Avec la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %, une sortie 100 % en capital peut sérieusement rogner votre épargne. Avant de vous engager dans cette voie, faites simuler précisément ce que vous toucherez réellement net d’impôts et de prélèvements.
Piège n°3 : négliger le report de plafonds
Beaucoup d’épargnants ignorent qu’ils ont accumulé des droits à déduction sur les années passées. Ne pas les utiliser avant leur expiration (désormais cinq ans), c’est laisser de l’argent sur la table. Demandez à votre expert-comptable de faire le calcul précis de vos plafonds disponibles.
Piège n°4 : ne pas coordonner PER et assurance-vie
Certains professionnels ouvrent les deux produits, mais les gèrent en parallèle sans logique d’ensemble. Résultat : doublon sur certains objectifs, trous dans la raquette sur d’autres. Les deux enveloppes doivent s’articuler dans une stratégie cohérente.
Piège n°5 : choisir son PER uniquement sur les frais
Depuis la réforme, la qualité de l’accompagnement et la pertinence du conseil deviennent au moins aussi importants que les frais de gestion. Un PER à frais réduits sans conseil adapté peut vous faire perdre bien plus que quelques dixièmes de points de frais.
Les questions que tout le monde se pose
Face à ces changements, les interrogations fusent. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes.
La hausse des prélèvements sociaux concerne-t-elle tous les PER ?
Oui, dès lors que vous optez pour une sortie en capital et que cette sortie est concernée par les règles fiscales classiques du PER. Les rentes viagères, elles, restent à un taux plus faible.
Peut-on encore ouvrir un PER après 70 ans ?
Oui, l’ouverture et les versements restent possibles. Mais vous perdez l’avantage fiscal de la déduction, ce qui rend l’opération beaucoup moins intéressante.
Que se passe-t-il si j’ai déjà un PER ouvert avant 2026 ?
Les nouvelles règles s’appliquent à tous les PER, anciens comme nouveaux. Votre contrat existant n’est pas protégé par une clause de grand-père. En revanche, les versements effectués avant 2026 restent soumis aux anciennes règles pour leur part correspondante.
Puis-je transférer mon PER d’un établissement à un autre ?
Oui, le transfert reste possible et peut même être judicieux si vous trouvez un contrat mieux adapté à vos nouveaux besoins. Attention toutefois aux éventuels frais de transfert.
La rente est-elle vraiment plus avantageuse ?
Fiscalement, oui, puisqu’elle échappe à la hausse des prélèvements sur le capital. Stratégiquement aussi, dans un contexte où l’espérance de vie continue d’augmenter et où la sécurisation des revenus à la retraite devient un enjeu majeur.
Comment est calculé mon plafond de déduction ?
Pour les indépendants, le plafond est égal à 10 % de vos bénéfices imposables de l’année précédente, dans la limite de 10 % de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, plus 15 % sur la fraction des revenus supérieurs. Le calcul est technique, c’est pourquoi il est recommandé de le faire vérifier par un professionnel.
Le PER est-il toujours pertinent en 2026 ?
Absolument, mais uniquement avec une stratégie claire, anticipée et personnalisée. Le PER n’est pas mort, il est devenu adulte. Il exige de la rigueur, de l’anticipation et de l’accompagnement.
Conclusion : le PER devient un outil de précision
Au fond, la LFSS 2026 ne signe pas la fin du PER individuel. Elle marque la fin des stratégies approximatives et des décisions prises à la va-vite.
Le PER reste un outil extrêmement efficace pour les professions libérales et les indépendants. Ses avantages fiscaux demeurent puissants, sa flexibilité s’est même renforcée avec l’extension du report des plafonds, et son rôle dans la construction d’une retraite complémentaire solide n’a jamais été aussi crucial.
Mais désormais, il faut le piloter avec finesse. Comprendre les nouvelles règles, anticiper les impacts fiscaux, choisir le bon timing, calibrer ses versements, penser sa sortie en amont. Bref, traiter son PER non plus comme un placement par défaut, mais comme une pièce maîtresse d’une stratégie patrimoniale globale.
Pour Marie, l’avocate du début de notre article, le déclic a eu lieu. « J’ai revu toute mon organisation avec mon conseiller. On a décidé de réorienter une partie de mes versements vers une sortie en rente plutôt que tout en capital. J’ai aussi vérifié mes plafonds des cinq dernières années, et j’ai découvert que je pouvais rattraper près de 40 000 euros de droits non utilisés. Au final, cette réforme m’a forcée à me poser les bonnes questions. Et c’est probablement ce qu’elle devait faire. »
Le PER n’est pas mort. Il devient simplement ce qu’il aurait toujours dû être : un outil de précision pour des stratégies de fond. À vous de vous en emparer intelligemment.











